La littérature congolaise

Fonds oral

Avant l'écrit, la transmission littéraire passe par le conte, le proverbe et l'épopée. L'épopée de Mwindo, recueillie chez les Nyanga du Nord-Kivu, et le cycle de Lianja, porté par les Mongo de la cuvette centrale, comptent parmi les grands ensembles narratifs africains. Ces récits, chantés et déclamés lors des veillées, continuent d'alimenter le théâtre, le slam et la chanson.

Naissance de l'écrit

La littérature écrite apparaît dans le cadre des écoles missionnaires et des publications encadrées par l'administration coloniale. La revue La Voix du Congolais, lancée en 1945, ouvre une tribune aux auteurs congolais. Paul Lomami Tchibamba publie Ngando en 1948, texte généralement présenté comme le premier roman congolais moderne. Le poète Antoine-Roger Bolamba fait paraître Esanzo, chants pour mon pays en 1955, avec une préface de Léopold Sédar Senghor.

Génération de l'indépendance

Après 1960, une génération universitaire prend le relais. Valentin-Yves Mudimbe, romancier et philosophe, signe Entre les eaux en 1973 puis L'Écart en 1979, avant de s'imposer comme théoricien des savoirs produits sur l'Afrique. Georges Ngal publie Giambatista Viko ou le viol du discours africain en 1975. Zamenga Batukezanga, longtemps l'écrivain le plus lu du pays, diffuse des romans courts ancrés dans le quotidien des quartiers populaires. Clémentine Faïk-Nzuji associe la poésie à des travaux de linguistique sur les langues et les symboles congolais. La censure et les difficultés matérielles poussent une partie des auteurs vers l'exil.

Voix contemporaines

La production actuelle circule largement hors des frontières. In Koli Jean Bofane s'est fait connaître avec Mathématiques congolaises en 2008 puis Congo Inc. Le testament de Bismarck en 2014. Fiston Mwanza Mujila a obtenu une audience internationale avec Tram 83, roman paru en 2014 et traduit dans de nombreuses langues. Blaise Ndala, installé au Canada, et Sinzo Aanza, venu du théâtre et des arts visuels, appartiennent à la même génération. Richard Ali A Mutu fait figure d'exception en publiant un roman directement en lingala, Ebamba.

Édition et lecture

Le secteur éditorial reste fragile. Les librairies sont peu nombreuses en dehors de Kinshasa et de Lubumbashi, le prix du livre importé demeure élevé et beaucoup d'auteurs publient en Europe ou en Amérique du Nord. Les scènes de slam, les cercles de lecture et les publications numériques jouent en retour un rôle croissant dans la circulation des textes auprès d'un public jeune.