La musique congolaise

Racines de la rumba

La rumba congolaise naît à Léopoldville et à Brazzaville dans les années trente et quarante, de la rencontre entre les répertoires locaux et les disques cubains qui circulent alors sur les deux rives du fleuve. Wendo Kolosoy, avec le titre Marie-Louise enregistré à la fin des années quarante, en devient la première figure populaire. La guitare électrique, la clave et les cuivres fixent une esthétique appelée à rayonner sur tout le continent.

Grands orchestres

Les années cinquante et soixante constituent l'âge d'or des grandes formations. Joseph Kabasele, dit le Grand Kallé, fonde l'African Jazz et compose Indépendance cha-cha, devenu l'hymne officieux des indépendances africaines en 1960. Franco Luambo Makiadi dirige l'OK Jazz, orchestre créé en 1956, et impose un jeu de guitare et une verve satirique restés célèbres. Tabu Ley Rochereau, à la tête de l'African Fiesta puis de l'Afrisa International, développe un chant plus mélodique et introduit les danseuses sur scène.

Soukous et ndombolo

À partir des années soixante-dix, une génération plus jeune accélère le tempo. Zaïko Langa Langa, formé en 1969, abandonne les cuivres au profit des guitares et met en avant le sebene, longue séquence instrumentale destinée à la danse. Papa Wemba, passé par Zaïko puis fondateur de Viva la Musica, associe la musique à un travail sur l'élégance vestimentaire. Dans les années quatre-vingt-dix, le ndombolo s'impose avec Koffi Olomidé, Werrason et JB Mpiana, et s'exporte dans toute l'Afrique francophone.

Reconnaissance internationale

En décembre 2021, la rumba congolaise a été inscrite sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO, à la suite d'une candidature déposée conjointement par la République démocratique du Congo et la République du Congo. Cette inscription a consacré un genre né de part et d'autre du fleuve et diffusé sur l'ensemble du continent.

Scène actuelle

La rumba reste vivace avec des artistes comme Fally Ipupa ou Ferre Gola, tandis que le rap, l'afrobeat et la musique urbaine gagnent du terrain chez les moins de trente ans. Le gospel occupe une place considérable, porté par les chorales des Églises de réveil. L'économie du secteur repose désormais sur les concerts, les partenariats publicitaires et les plateformes de streaming, la vente de supports physiques ayant presque disparu.