La peinture congolaise

Premiers peintres modernes

La peinture sur papier et sur toile apparaît en Afrique centrale dans l'entre-deux-guerres. Albert Lubaki et son épouse Antoinette, puis Djilatendo, réalisent à partir de la fin des années vingt des aquarelles exposées en Belgique et en Suisse. Ces oeuvres, à la fois figuratives et ornementales, ouvrent la voie à une production destinée à un marché.

Atelier de Lubumbashi

En 1946, le Français Pierre Romain-Desfossés installe à Élisabethville un atelier connu sous le nom du Hangar. Il y accueille des peintres autodidactes, parmi lesquels Pilipili Mulongoy, Mwenze Kibwanga et Bela Sara, en refusant tout enseignement académique afin de préserver leur univers propre. Les compositions végétales et animalières issues de cet atelier circulent rapidement dans les collections européennes.

Académie des Beaux-Arts de Kinshasa

Fondée en 1943 par le frère Marc Wallenda, l'école devenue l'Académie des Beaux-Arts de Kinshasa forme depuis lors plusieurs générations de peintres, sculpteurs et céramistes. Elle demeure le principal établissement d'enseignement artistique supérieur du pays et alimente la scène des galeries de la capitale.

Peinture populaire urbaine

Le courant le plus original naît dans les ateliers de rue de Kinshasa et de Lubumbashi à partir des années soixante-dix. Les artistes peignent sur toile de sac ou sur bois des scènes de la vie quotidienne, des faits divers et des épisodes politiques, avec des textes intégrés à l'image. Chéri Samba, Moke et Chéri Chérin en sont les figures les plus connues. À Lubumbashi, Tshibumba Kanda-Matulu a réalisé un cycle de plus d'une centaine de tableaux racontant l'histoire du pays.

Reconnaissance internationale

La scène congolaise occupe désormais une place reconnue dans les grandes institutions. Bodys Isek Kingelez, créateur de maquettes de villes imaginaires, a fait l'objet d'une rétrospective au Museum of Modern Art de New York en 2018. L'exposition Beauté Congo, présentée à la Fondation Cartier à Paris en 2015, a retracé près d'un siècle de création congolaise. Les photographes Sammy Baloji et Kiripi Katembo ont prolongé cette visibilité du côté de l'image documentaire et plasticienne.