Les valeurs et les mentalités au Congo

Famille élargie

La famille dépasse largement le foyer nucléaire. Oncles, tantes, cousins et alliés forment un réseau d'obligations réciproques qui organise l'entraide, le logement, la scolarité des enfants et la prise en charge des malades. Un salarié urbain soutient fréquemment plusieurs personnes de sa parenté restée au village. Cette solidarité amortit l'absence de protection sociale, mais pèse lourdement sur les budgets individuels.

Respect des aînés

L'ancienneté fonde l'autorité. Les décisions importantes, du mariage à l'héritage en passant par les conflits fonciers, passent par la consultation des aînés du lignage. Dans plusieurs sociétés du pays, chez les Luba et les Kongo notamment, la filiation matrilinéaire confère à l'oncle maternel un rôle décisif auprès de ses neveux.

Poids du religieux

La religion imprègne la vie quotidienne. La grande majorité de la population se déclare chrétienne, entre catholiques, protestants regroupés au sein de l'Église du Christ au Congo, kimbanguistes et fidèles des Églises de réveil apparues massivement depuis les années quatre-vingt-dix. Le kimbanguisme, né du mouvement lancé par Simon Kimbangu en 1921, a donné naissance à une Église congolaise autonome dont le centre spirituel se trouve à Nkamba. Les Églises assurent une part importante de l'enseignement et des soins.

Débrouille et informalité

L'expression article 15, débrouillez-vous, résume une culture de l'adaptation forgée par des décennies de crise économique. Le commerce de détail, le transport, la réparation et les petits services occupent la majorité des actifs urbains, le plus souvent en dehors de tout cadre déclaré. Le cumul de plusieurs activités constitue la norme plutôt que l'exception.

Apparence et prestige

Le soin apporté à la tenue revêt une valeur sociale forte. La sape, mouvement d'élégance masculine associé à la figure de Papa Wemba, en offre la version la plus spectaculaire, mais l'attention au vêtement dépasse largement ce cercle. Les cérémonies familiales, les mariages et les deuils donnent lieu à des dépenses considérables au regard des revenus, car la réputation du groupe entier s'y joue.