Libertés publiques au Congo

Garanties constitutionnelles

La Constitution de 2006 consacre un large catalogue de droits, dont la liberté d'expression, la liberté de la presse, la liberté de réunion et de manifestation, la liberté d'association et la liberté de conscience. Le pays a ratifié les principaux instruments internationaux en la matière, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. L'écart entre ces engagements et la pratique demeure toutefois considérable.

Situation de la presse

Reporters sans frontières classe la République démocratique du Congo au 130e rang sur 180 pays dans son édition 2026, contre le 133e rang l'année précédente. Cette progression tient davantage à l'évolution d'autres États qu'à une amélioration réelle des conditions de travail des journalistes. Des rédacteurs sont régulièrement interpellés ou détenus, des radios communautaires ont été fermées au Nord-Kivu et les professionnels des zones de conflit se trouvent pris entre les groupes armés et les forces de sécurité. Une ordonnance-loi adoptée en 2023 encadre l'exercice de la liberté de presse et a supprimé les peines privatives de liberté pour les délits de presse, sans faire disparaître les poursuites engagées sur d'autres fondements.

Manifestations et société civile

Les rassemblements publics restent soumis à une information préalable que les autorités locales transforment souvent en autorisation de fait. Des manifestations de l'opposition et des mouvements citoyens ont été dispersées par la force à plusieurs reprises. Les défenseurs des droits humains signalent des arrestations, des intimidations et des restrictions de déplacement visant leurs animateurs.

Régimes d'exception et zones de conflit

L'état de siège proclamé en mai 2021 au Nord-Kivu et en Ituri a placé ces provinces sous administration militaire et policière pendant plusieurs années, avec un transfert des compétences civiles et un recours étendu aux juridictions militaires. Dans les territoires que le conflit soustrait au contrôle de l'État, les populations subissent des violences documentées par les Nations unies et par les organisations humanitaires, dont des exécutions, des violences sexuelles et des recrutements forcés d'enfants.

Justice et peine capitale

Le moratoire sur les exécutions observé depuis 2003 a été levé en mars 2024, décision que les autorités ont justifiée par la lutte contre la trahison et le banditisme, et que les organisations de défense des droits humains ont vivement critiquée. Des condamnations à mort ont depuis été prononcées, notamment par des juridictions militaires. La surpopulation carcérale, la lenteur des procédures et la faiblesse des moyens de la justice restent des difficultés majeures.