Deuxième fleuve d'Afrique par la longueur et premier du continent par son débit, le Congo structure le pays et son imaginaire. À hauteur de Kinshasa, il s'élargit en un vaste plan d'eau, le Pool Malebo, d'où les deux capitales congolaises se font face. En aval commencent les rapides de Livingstone, une succession de chutes qui interdisent la navigation jusqu'à l'Atlantique. À Kisangani, les chutes Boyoma alignent sept cataractes le long desquelles les pêcheurs wagenia installent depuis des générations leurs échafaudages de bois et leurs nasses.
La République démocratique du Congo compte cinq biens naturels inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, un total sans équivalent en Afrique subsaharienne. Le parc national des Virunga a été inscrit en 1979, ceux de la Garamba et de Kahuzi-Biega en 1980, la Salonga en 1984 et la réserve de faune à okapis en 1996. Quatre d'entre eux figurent encore sur la liste du patrimoine mondial en péril, la Salonga en étant sortie en 2021 après des progrès reconnus dans sa gestion.
Créé en 1925, le plus ancien parc national d'Afrique déploie sur près de 8 000 kilomètres carrés une variété de milieux qui va des savanes aux glaciers du Rwenzori. Il abrite une population de gorilles de montagne et deux volcans actifs, le Nyiragongo et le Nyamulagira. Le lac de lave permanent du Nyiragongo, l'un des rares au monde, domine la ville de Goma. Ce secteur relève des zones formellement déconseillées par les conseils aux voyageurs officiels, qui font foi pour toute décision de déplacement.
Le parc national de la Salonga protège le plus vaste ensemble de forêt tropicale d'Afrique et constitue le refuge principal du bonobo, grand singe endémique du pays. La réserve de faune à okapis, en Ituri, conserve le milieu de cet animal forestier apparenté à la girafe. Kahuzi-Biega, au-dessus de Bukavu, abrite les gorilles de Grauer, tandis que la Garamba, dans le nord, préserve éléphants, girafes et buffles au contact des savanes soudaniennes.
Les chutes de Zongo, sur la rivière Inkisi à environ 130 kilomètres de la capitale, forment la sortie de week-end la plus courue des Kinois. Le sanctuaire de Lola ya Bonobo, aux portes de la ville, accueille des bonobos orphelins et demeure l'un des rares endroits au monde où observer l'espèce. Le mont Ngaliema, le boulevard du 30 Juin, le marché central et le Musée national de la République démocratique du Congo, ouvert en 2019, composent l'essentiel du parcours urbain.
Lubumbashi conserve une trame urbaine régulière et des bâtiments de l'époque coloniale, ainsi qu'un musée national. Boma, ancienne capitale, et Matadi jalonnent le cours inférieur du fleuve, dans un paysage de collines abruptes. Kisangani ouvre sur la grande forêt et sur la navigation intérieure. Le lac Kivu et le lac Tanganyika offrent des rivages spectaculaires, dans des provinces dont l'accès dépend entièrement du contexte sécuritaire.
Le tourisme congolais reste embryonnaire et l'organisation d'un séjour passe presque toujours par un opérateur local ou par une structure d'accueil identifiée. Les permis d'entrée dans les parcs, les guides et les transports internes se réservent à l'avance auprès de l'Institut congolais pour la conservation de la nature. Les distances, l'état des pistes et la disponibilité des vols intérieurs président au choix de l'itinéraire, et la situation sécuritaire, variable selon les provinces, conditionne l'accès à plusieurs des sites les plus remarquables.
La rumba congolaise a été inscrite en 2021 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Elle irrigue la vie nocturne de Kinshasa et demeure, avec la peinture populaire et la sculpture, l'une des expressions les plus reconnues de la création congolaise contemporaine.